Nous sommes à mi-parcours de l’année hydrologique et le printemps approche. Faisons un point sur la situation.
Bilan des précipitations
Après un mois de septembre largement excédentaire (+124,8 % à la station de Villegusien-le-Lac et +124,6 % à la station de Pouilly-sur-Vingeanne), les précipitations d’octobre se sont situées autour de la moyenne à Pouilly et ont été légèrement excédentaires à Villegusien.
La tendance s’est ensuite inversée au cours des trois mois suivants. Décembre se distingue par un déficit particulièrement marqué (-54,1 % à la station de Villegusien-le-Lac et -40,0 % à la station de Pouilly-sur-Vingeanne), avec des cumuls ne dépassant pas 50 mm, très en dessous de la normale. Cette séquence plus sèche a temporairement freiné la recharge hivernale des nappes.
Un retournement important s’est opéré durant le mois de février, avec un excédent de +71,3 % à la station de Villegusien et +112,5 % à celle de Pouilly-sur-Vingeanne. Ce mois très humide relance la recharge des sols et des nappes.
Températures
Les températures relevées à la station de Dijon-Longvic au cours des six premiers mois de l’année hydrologique montrent une tendance nettement plus chaude que la normale de référence (1991-2020).
Après un mois de septembre légèrement plus frais et un mois d’octobre conforme à la normale, les mois suivants ont été globalement plus chauds. Novembre affiche une anomalie de +0,68 °C, tandis que décembre se distingue avec un écart plus marqué de +1,35 °C. Janvier reste, quant à lui, conforme à la normale.
C’est en février que l’écart devient exceptionnel. La température moyenne mensuelle dépasse la normale de +4,16 °C. Il s’agit du mois de février le plus chaud jamais enregistré à la station de Dijon-Longvic depuis 1950.
Cette anomalie a déjà des conséquences visibles. Les conditions météorologiques des dernières semaines ont provoqué un « faux printemps », entraînant une sortie de dormance de certains végétaux avec près d’un mois d’avance. Cette reprise risque d’impacter la recharge des nappes souterraines et d’entrainer leur vidange précoce.
Crue de février
Les importants cumuls pluviométriques de février ont entrainé une montée en charge des cours d’eau du territoire et des débordements.
Sur la Vingeanne, un premier pic de crue a été atteint à Oisilly dans la nuit du 13 au 14 février (52,5 m³/s), correspondant à une crue proche de la quinquennale. Après une légère décrue, un second pic a été atteint le 20 février (51,7 m³/s). Depuis, la décrue est bien engagée et le débit actuel de la Vingeanne à Oisilly est de 11,7 m³/s.
Sur la Bèze, le caractère karstique de la source a induit une réaction beaucoup plus lente à la station de la Ferme de Rome. Un seul pic de crue a été observé le 20 février, avec un débit de 16 m³/s, correspondant à une crue proche d’une période de retour de 10 ans. La décrue est également amorcée, mais celle-ci demeure plus lente en raison du fonctionnement karstique de la source de la Bèze. Le débit actuel à la station de Rome avoisine les 10 m³/s.
Restauration de la Vingeanne à Talmay : suivi en crue
Depuis les travaux de restauration réalisés en 2022 sur la Vingeanne à Talmay, le syndicat assure un suivi régulier du site afin d’évaluer son évolution et son fonctionnement hydraulique. Des survols par drone sont notamment effectués régulièrement pour observer la dynamique du cours d’eau et des zones restaurées.
Dans le cadre de la crue de février 2026 un vol a été réalisé le 17 février, entre les deux pics de crue, afin d’observer le comportement du site et de ses abords en conditions de hautes eaux. Le site joue pleinement son rôle en crue. Les eaux peuvent s’étendre plus rapidement dans la zone restaurée. L’amélioration de la capacité de débordement limite les niveaux d’eau à l’amont à débit équivalent.
Il convient toutefois de préciser que la situation hydraulique reste influencée par la Saône : lorsque celle-ci est également en crue, elle limite la capacité de vidange de la Vingeanne par effet de remous. Ce phénomène peut ralentir l’écoulement et prolonger la durée de submersion, indépendamment du fonctionnement propre du site restauré.
Par ailleurs, un suivi piézométrique est mené sur le site afin d’évaluer l’impact des travaux sur la nappe d’accompagnement de la Vingeanne. Les premiers résultats mettent en évidence un rehaussement du toit de la nappe de l’ordre de 20 centimètres, traduisant une amélioration des échanges entre la nappe et la rivière. Les données en cours d’acquisition seront prochainement analysées afin de caractériser le comportement de la nappe pendant et après la crue de février.









