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☀️💧Bilan aux deux tiers de l’année hydrologique : chaleur record et premier arrêté sécheresse

Le mois de mai vient de s’achever et la Côte-d’Or est placée en vigilance sécheresse. Nous vous proposons un court bilan des neuf premiers mois de l’année hydrologique en cours (septembre 2025 à mai 2026).

L’année hydrologique, qui débute le 1er septembre et se termine le 31 août, permet de suivre l’évolution des ressources en eau en tenant compte du cycle naturel de l’eau : les nappes se rechargent principalement en automne et en hiver avant de diminuer au printemps et en été.

A retenir dans cet article :

  • 16 records journaliers de chaleur battus depuis septembre,
  • Mai 2026 parmi les plus chauds observés à Dijon,
  • Nappes d’eau souterraines en baisse,
  • Débits des cours d’eau inférieurs aux normales,
  • Côte-d’Or placée en vigilance sécheresse.

Températures extrêmes - Station Dijon-Longvic

Depuis le début de l’année hydrologique, 16 records journaliers de chaleur ont été battus, dont 9 ces derniers jours. Le plus gros record a été atteint le 26 mai 2026, avec une température maximale de 32,9 °C. Cette valeur dépasse de 3,3 °C l’ancien record journalier, établi en 1953 avec 29,6 °C.

Au cours de la deuxième quinzaine de mai, les températures maximales journalières ont été jusqu’à plus de 10 °C au-dessus de la normale journalière des températures maximales calculée sur la période 1991-2020.

Températures moyennes - Station Dijon-Longvic

Depuis le début de l’année hydrologique, près de 32 % des jours écoulés présentent une température moyenne supérieure de plus de 3 °C à la normale journalière (calculée sur 1991-2020), pour un écart moyen actuellement de +1,2 °C.
 
Si l’on considère uniquement l’année civile 2026, près de 41 % des jours écoulés présentent une température moyenne supérieure de plus de 3 °C à la normale journalière, pour un écart moyen actuellement de +1,8 °C. 
 
Au cours de la deuxième quinzaine de mai, les températures moyennes journalières ont été jusqu’à plus de 8 °C au-dessus de la normale journalière (1991-2020).
 
Le mois de mai 2026 se classe au deuxième rang des mois de mai les plus chauds jamais observés à la station de Dijon-Longvic, derrière 2022.

Pluviométrie

Sur les stations de Pouilly-sur-Vingeanne et de Villegusien-le-Lac, les précipitations ont été très irrégulières sur la période de recharge des nappes, avec des pluies concentrées sur quelques épisodes intenses plutôt qu’une pluviométrie régulièrement répartie.

Bien que la station de Pouilly présente un léger excédent au mois de mai (+ 13 %), cette donnée masque quelque chose d’important : 45 % du total mensuel est tombé le 6 mai 2026 (40,8 mm), dont 23,3 mm en une heure.

État des nappes souterraines

Au 15 mai 2026, les nappes d’eau souterraines du territoire présentaient des niveaux globalement proches de la moyenne, mais poursuivaient leur vidange amorcée depuis le mois d’avril. Cette situation risque de se dégrader au prochain bulletin du BRGM. Les fortes chaleurs observées ces derniers jours ont augmenté les besoins en eau de la végétation et accéléré l’assèchement des sols (augmentation de l’évapotranspiration). Les dernières pluies devraient être insuffisantes pour enrayer durablement la vidange précoce des nappes.

Débits des cours d'eau

  • La Bèze : Le débit moyen du mois de mai (3,07 m³/s) est proche de la normale mensuelle (3,58 m³/s). Ce cours d’eau récupère encore les eaux d’infiltration de la Tille et le réseau karstique présente des réserves encore suffisantes pour soutenir le débit de la source. Toutefois, le débit diminue progressivement et des pluies régulières peu intenses seront nécessaires pour maintenir cette situation.
  • La Vingeanne à Saint-Maurice-sur-Vingeanne : La situation est préoccupante. Le débit moyen du mois de mai (0,76 m³/s) est environ 72 % en dessous de la normale mensuelle (2,81 m³/s). Il est même inférieur au débit moyen du mois d’août (0,90 m³/s). Nous ne sommes pas encore en été que le débit est déjà proche d’un niveau qui n’est atteint, en moyenne, qu’une année sur cinq lors des périodes les plus sèches. Des pluies régulières et peu intenses seront nécessaires durant les semaines et les mois à venir.
  • La Vingeanne à Oisilly : La situation est légèrement moins défavorable qu’à la station de Saint-Maurice, mais elle reste préoccupante. Le débit moyen du mois de mai (1,71 m³/s) est inférieur d’environ 63,2 % à la normale mensuelle (4,65 m³/s) et se rapproche du débit moyen du mois d’août (1,51 m³/s).

Vigilance sécheresse en Côte-d'Or

Le département de la Côte-d’Or vient d’être placé en « vigilance sécheresse ». Bien qu’aucune mesure de restriction ne soit liée au franchissement de ce seuil, chaque usager est invité à respecter les règles de bon usage de l’eau afin d’économiser la ressource.
 
Les pluies annoncées dans les prochains jours risquent de ne pas être suffisantes. La végétation, dont le démarrage a été exceptionnellement précoce, devrait intercepter une grande partie de cette eau, d’autant plus après les fortes chaleurs de ces derniers jours. Il est donc important d’adopter dès maintenant les bons réflexes afin d’anticiper une probable dégradation de la situation.
 
Dans chaque département, tenez-vous informés des restrictions en vigueur. Pour ça, n’hésitez pas à consulter la plateforme VigiEau : https://vigieau.gouv.fr/.
 
Enfin, pour le suivi en temps réel et la prévision du niveau des nappes, vous pouvez consulter MétéEAU Nappes (outil développé par le BRGM) : MétéEau Nappes