La Coulange est un affluent du Badin, et un sous affluent de la Vingeanne, situé dans le département de la Haute-Marne. Au cours des siècles passés, comme de nombreux cours d’eau français, la Coulange a subi d’importantes modifications (chenalisation, rectification, mise en bief…). A titre d’exemple, entre le moulin de Rivière-les-Fosses et le moulin Davin, tous deux espacés de 2,5 kilomètres, la Coulange a perdu près de 20 % de son linéaire.
Ce cours d’eau est classé en liste 2 au titre de l’article L.214-14 du Code de l’environnement. Ainsi, tout ouvrage hydraulique présent sur son cours doit y être géré ou aménagé afin d’assurer le transport suffisant des sédiments et la libre circulation de la faune piscicole.
Objectifs du projet
Le projet, étudié par le bureau d’étude ARTELIA en phase projet entre 2023 et 2024, vise à restaurer la continuité écologique (poissons et sédiments) de la Coulange au droit de l’ancien moulin Davin, ainsi que les habitats piscicoles du tronçon (450 mètres linéaires), aujourd’hui fortement dégradés en raison de la chenalisation et de la rectification du lit. Cet objectif est couplé à une volonté de remettre le cours d’eau en fond de vallée, permettant ainsi la remise en état du site.
Le profil naturel de la rivière sera restauré afin de retrouver des habitats, des écoulements et des substrats diversifiées, garants du bon état écologique du cours et propices à la reproduction et au développement de la faune aquatique (truite fario notamment).
Aussi, nous demandons à tous les piégeurs et chasseurs du secteur d’être extrêmement vigilants et de ne pas confondre castor et ragondin. Par ailleurs, conformément à l’article 4 de l’arrêté ministériel du 02 septembre 2016 relatif au contrôle par la chasse des populations de certaines espèces non indigènes, l’usage des pièges de catégories 2 et 5 (dits tuants) est interdit dans les secteurs où la présence du castor d’Eurasie est avérée. Un arrêté préfectoral devrait être pris prochainement.
Une espèce qui a failli disparaître
Autrefois très répandu en Europe, le castor d’Europe (Castor fiber) a été longtemps chassé pour sa fourrure, sa viande ou ses sécrétions anales (castoréum) utilisées en parfumerie. Cette chasse excessive, couplée à la dégradation des habitats, a entraîné une diminution drastique de l’espèce dès le XIIe siècle.
Au milieu du XIXe siècle, l’espèce est considérée en danger critique d’extinction avec une population estimée à 1 200 individus répartis dans 8 régions isolées d’Europe. Au début du XXe siècle, le castor est au bord de l’extinction en France. Il ne restait plus qu’une centaine d’individus dans la basse vallée du Rhône.
Une protection salvatrice
En 1909, le castor d’Europe devient le premier mammifère bénéficiant de mesures de protection (interdictions de destruction) en France. D’abord protégé à l’échelle locale, il sera protégé à l’échelle nationale en 1968.
La population subsistant dans la basse vallée du Rhône a lentement recolonisé l’aval du bassin rhodanien. Cependant, le castor n’est pas parvenu à étendre naturellement son aire de répartition au bassin supérieur du Rhône, en amont de Lyon.
Entre 1950 et 2002, 26 opérations de réintroduction ont été effectuées en France à partir d’individus issus de cette population.
Aujourd’hui, le castor d’Europe est en expansion. Il recolonise progressivement ses territoires délaissés. L’espèce est désormais présente sur plus de 15 000 km de cours d’eau (bassins du Rhône, Loire, Rhin, Moselle, Tarn, etc.).
Pour aller plus loin
Si vous souhaitez aller plus loin et en apprendre plus sur cette espèce, voici un peu de documentation :



